En bref
Le nettoyage des parquets se règle sur leur finition : un vitrifié supporte une eau savonneuse neutre, un huilé un savon adapté ou un savon noir dilué, un ciré le moins d’eau possible, et un stratifié une frange à peine humide, sans savon. Dans tous les cas, la frange est essorée à fond : le bois boit l’eau par les joints, gonfle, puis se fend en séchant.
Ce que le bois fait avec l’eau, comment reconnaître la finition d’un sol, le geste du lavage courant, ce qu’aucun parquet ne supporte, puis les taches et l’encrassement.
Ce que le bois fait avec l’eau
Le bois reste une matière vivante après la coupe : il échange sans cesse son humidité avec l’air, en prend quand l’air est humide et en rend quand il est sec. Cette hygrométrie se voit au sol : les fabricants de revêtements situent l’équilibre d’un parquet massif ou contrecollé entre 40 et 60 % d’humidité relative ; au-dessus, les lames vont gonfler, en dessous, se rétracter, et les joints s’ouvrent.
Un lavage trop mouillé apporte en quelques minutes plus d’eau que l’air n’en donne en une semaine, et il l’apporte par les joints. Une vitrification protège la face de la lame, pas ses chants : l’eau qui glisse entre deux lames atteint le bois nu, qui gonfle sur les bords, puis se creuse en séchant.
Le parquet pardonne une tache. Il ne pardonne pas une flaque.
Reconnaître sa finition avant de choisir le produit
Une goutte d’eau posée dans un coin discret renseigne vite. Sur un parquet vitrifié, elle reste en perle à la surface : le vitrificateur, comme un vernis, forme un film lisse et légèrement brillant.
Sur un huilé, la goutte assombrit le bois en quelques minutes, et la surface garde un toucher sec et mat, avec le veinage en relief sous les doigts. Un ciré, plus ancien, se reconnaît à un léger brillant satiné et à une trace grasse sous l’ongle.
Le stratifié est un cas à part : il n’a pas de bois en surface. Un décor imprimé sous une couche d’usure transparente recouvre un panneau de fibres, qui gonfle comme une éponge dès que l’eau atteint ses bords.
| Finition | Ce qu’elle supporte | Ce qu’elle ne supporte pas | Geste de lavage |
|---|---|---|---|
| Vitrifié ou verni | eau tiède et savon neutre, en petite quantité | l’acide, les abrasifs, l’eau dans les joints | frange essorée, un passage, séchage rapide |
| Huilé | savon pour parquet huilé ou savon noir dilué | les détergents ménagers, qui dissolvent l’huile | frange essorée, puis réhuilage quand le bois grise |
| Ciré | très peu d’eau, cire d’entretien | le lavage à grande eau, qui blanchit la cire | dépoussiérage, frange presque sèche, lustrage |
| Stratifié | un chiffon à peine humide | savon, cire, vinaigre, eau stagnante | microfibre essorée, dans le sens des lames |
Une même bouteille de savon ne convient donc jamais à tous les sols d’une maison. Et une finition usée jusqu’au bois, grise et rêche au toucher, ne se rattrape plus au lavage : elle appelle un ponçage qui ne creuse pas les lames, puis une nouvelle protection.
Le geste du lavage courant
La poussière n’est pas l’ennemi principal : le sable l’est. Rapportés par les chaussures, les grains de sable agissent chacun comme un papier abrasif sous le pas, et raye la finition avant même tout lavage.
- Dépoussiérer d’abord, à l’aspirateur muni d’une brosse à poils souples ou au balai microfibre, en insistant près des entrées.
- Préparer une eau tiède avec le produit adapté à la finition, dosé selon la notice, jamais davantage.
- Tremper la frange du balai, puis la tordre jusqu’à ce qu’elle ne goutte plus : un balai à frange bien essorée se sent humide sous la main, pas mouillé.
- Passer dans le sens des lames, par petites surfaces, sans repasser deux fois au même endroit.
- Aérer la pièce et laisser sécher jusqu’à ce que le sol soit sec au toucher, quelques minutes au plus.
Pour un usage ordinaire, le dépoussiérage se fait chaque semaine, le lavage humide beaucoup moins souvent : une frange trop fréquente use la finition plus vite que la saleté.
Vinaigre, vapeur, savon noir : ce que les finitions ne pardonnent pas
Le vinaigre blanc est un acide. Sur un vitrifié, il ternit le film ; sur un huilé ou un ciré, il attaque la protection elle-même. Les fabricants de produits d’entretien pour parquet le déconseillent, et les fabricants de stratifié l’excluent, comme le mélange vinaigre et bicarbonate présenté comme une astuce de grand-mère.
Le savon noir, apprécié sur les parquets huilés, n’a pas sa place partout : sur un vitrifié, il laisse un voile terne qui retient ensuite la poussière, et sur un parquet stratifié, les fabricants proscrivent tout savon, même un savon spécial parquet.
Le nettoyeur vapeur combine chaleur et humidité sous pression : elle pénètre les joints mieux que n’importe quelle serpillière. Aucun parquet ni stratifié ne la supporte sans risque de gonflement, et plusieurs fabricants et distributeurs de revêtements l’excluent. Même règle pour l’eau laissée au sol : un liquide renversé s’essuie tout de suite.
Taches et encrassement
La plupart des taches courantes partent avec un chiffon à peine humide et une goutte du produit adapté, travaillé du bord vers le centre de la tache pour ne pas l’étaler. Le grattage au couteau ou les produits abrasifs rayent la finition plus sûrement qu’il ne retire la tache.
Un parquet ciré encrassé, devenu sombre et collant, relève de la même logique qu’un meuble : la crasse est prisonnière de la cire, et les méthodes pour un bois ciré encrassé s’y appliquent, en plus grand. Les rayures profondes qui ont traversé la finition, sur un parquet ancien comme sur un neuf, ne partent plus au lavage.
Le bon produit pour chaque sol
- Vitrifié : savon neutre, peu d’eau.
- Huilé : savon pour parquet huilé ou savon noir dilué, et un réhuilage régulier.
- Ciré : dépoussiérage et cire, presque jamais d’eau.
- Stratifié : microfibre à peine humide, rien d’autre.
Un parquet se lave moins souvent, et plus sec, que l’habitude ne le laisse croire.
Sources
- Tarkett, « Sol en parquet et humidité : tour d’horizon des recommandations »
- Quick-Step, « Comment nettoyer un sol stratifié »
- Bona, « Pour nettoyer efficacement les parquets, évitez l’eau et le vinaigre »
